Paul Hoffmann, alias Oxymore


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abandon









C. Claudel










Abandon,


Nu, pour toi, je m’expose corps et âme, avec foi, ému. Un désir cru, obsessionnel, me jette à tes pieds, à la merci de tes griffes acérées, espérant l’union charnelle de nos plaisirs. Te servir c’est donner un sens à ma liberté, essence de mes sens, vivre. Tout subir jour après jour; me soumettre sans détour à ta beauté, aspirer à pleine bouche ta félicité, respirer tes soupirs et satisfaire tes désirs. De mes élans te promettre la fidélité, avec assiduité t’offrir le meilleur, une ardeur sans fin, et chasser d’un souffle léger les tourments. La perversité de ta main de velours pose déjà son empreinte folle comme une ombre enchanteresse sur notre monde de volupté. Pourtant, tout est calme et serein, la force des liens est maîtrisée. Attachement sans faille. Ta sensualité brille de tous ces éclats, aube naissante de mon existence. C’est la fin de la nuit, froide et obscure. Un éclair embrase ma vie, enfin. Dans ta chair qui palpite, je me consume et je l’assume. Oui, je te prie de me prendre et d’accepter l‘offrande de mes cris…









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