Paul Hoffmann, alias Oxymore


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Pauline, la catin violée




Le prix de sa perversité,
Inestimable aux yeux du mal,
Fort de son instinct animal,
Rend plus touchante sa beauté.

Un monde de bienfaits et de bienséance
Montre le visage pur et immaculé
Des convenances tout à leur médisance.

Dans le vice et la volupté,
Elle prodigue les caresses,
Bouleverse le corps d’ivresses
Et chante son air enchanté.

Les visages parfaits malgré l’ignorance
Etalent leur belle bonhomie assurée
Pour juger les faits avec pertinence.

Attachée à sa liberté,
Elle rêve de se donner
Et, sans trêve, de façonner
Un bonheur fou et exalté.

Les sages, sous une hypocrite prestance,
Dissimulent de salaces obscénités;
Ils osent un réquisitoire plein d’éloquence.

Preuve de sa générosité,
Pauline offre sa grande âme et
Sa petite vertu, et met
A leur service sa bonté.

Pour justifier l’inexcusable démence,
L’avocat clame la faiblesse de l’accusé
Tenté par le racolage et l’arrogance.

Rejetée par la société,
Bannie par des lois délétères,
Pauline souffre dans sa chair
Victime de sa naïveté.

Bourreaux dans leur magnanime connivence,
Les juges ont innocenté le crime et lavé
Les soupçons de la défiance de leur sentence.

Pourtant, avec légèreté,
Aux ombres qui l’ont abusée,
Elle brade encore son corps souillé
Sans altérer sa pureté.




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